Thursday, September 15, 2011

I wish I loved the Human Race

"I wish I loved the Human Race I wish I loved the Human Race; I wish I loved its silly face; I wish I liked the way it walks; I wish I liked the way it talks; And when I'm introduced to one, I wish I thought "What Jolly Fun!" Sir Walter A Raleigh"(1552 - 1618) What would he says if he saw the Human race today?

Friday, August 12, 2011

… deux fois plus lourd



Si c’est la terre de Dieu
J’ai le droit de garer ma voiture où je veux
De donner aux quartiers mon nom
De bâtir n’importe où ma maison

De dormir dans n’importe quel pays
Dans n’importe quel continent
J’ai le droit d’ouvrir en été ma parapluie
Et d’ordonner au ciel de changer la saison

D’annoncer n’importe quel terrain mon royaume
De dessiner sur la carte mes horizons
J’ai le droit comme n’importe quel Homme
De dormir n’importe où le soleil étale ses rayons

Si c’est la terre de Dieu
J’ai le droit de dormir sous ses cieux
Comme n’importe quel papillon
Mourir sous la lumière, parmi les passants
12 août 2011

Thursday, August 11, 2011

Charles Baudelaire - Bénédiction

Bénédiction





Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié :
– « Ah ! que n’ai-je mis bas tout un noeud de vipères,
Plutôt que de nourrir cette dérision !
Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
Où mon ventre a conçu mon expiation !
Puisque tu m’as choisie entre toutes les femmes
Pour être le dégoût de mon triste mari,
Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
Comme un billet d’amour, ce monstre rabougri,
Je ferai rejaillir ta haine qui m’accable
Sur l’instrument maudit de tes méchancetés,
Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
Qu’il ne pourra pousser ses boutons empestés ! »
Elle ravale ainsi l’écume de sa haine,
Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
Elle-même prépare au fond de la Géhenne
Les bûchers consacrés aux crimes maternels.
Pourtant, sous la tutelle invisible d’un Ange,
L’Enfant déshérité s’enivre de soleil,
Et dans tout ce qu’il boit et dans tout ce qu’il mange
Retrouve l’ambroisie et le nectar vermeil.
Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s’enivre en chantant du chemin de la croix ;
Et l’Esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.
Tous ceux qu’il veut aimer l’observent avec crainte,
Ou bien, s’enhardissant de sa tranquillité,
Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
Et font sur lui l’essai de leur férocité.
Dans le pain et le vin destinés à sa bouche


Ils mêlent de la cendre avec d’impurs crachats ;
Avec hypocrisie ils jettent ce qu’il touche,
Et s’accusent d’avoir mis leurs pieds dans ses pas.
Sa femme va criant sur les places publiques :
« Puisqu’il me trouve assez belle pour m’adorer,
Je ferai le métier des idoles antiques,
Et comme elles je veux me faire redorer ;
Et je me soûlerai de nard, d’encens, de myrrhe,
De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un coeur qui m’admire
Usurper en riant les hommages divins !
Et, quand je m’ennuierai de ces farces impies,
Je poserai sur lui ma frêle et forte main ;
Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
Sauront jusqu’à son coeur se frayer un chemin.
Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
J’arracherai ce coeur tout rouge de son sein,
Et, pour rassasier ma bête favorite,
Je le lui jetterai par terre avec dédain ! »
Vers le Ciel, où son oeil voit un trône splendide,
Le Poète serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l’aspect des peuples furieux :
– « Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés !
Je sais que vous gardez une place au Poète
Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
Et que vous l’invitez à l’éternelle fête
Des Trônes, des Vertus, des Dominations.
Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu’il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.
Mais les bijoux perdus de l’antique Palmyre,



Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
À ce beau diadème éblouissant et clair ;
Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs ! »


"Les fleurs Du Mal" Charles Baudelaire

Monday, July 18, 2011

Approval addiction

I'm reading  this interesting article, loved to share it with you...





Everyone needs to feel appreciated on a regular basis. This stems from our very human need to know and feel that what we have done is right and worthy of notice. We feel good when someone gives us their love and approval.
However, being overly dependent on approval from others, and fearing their disapproval, comes from the belief that others are responsible for our worth. If they like what we have done or said, then we are okay. If they disapprove, then something is wrong with who we are as a person.
When we become dependent on approval because of inner insecurity or lack of love for ourselves, we choose conformity, being "nice", and putting our dreams on hold. We play life safe, not taking too many risks, and being careful to remain in the box of acceptability. Pushing down inner passion, self-expression, and creative pursuits, our life becomes lukewarm. As a result, we turn to to temporary pleasures to fill our need for authentic joy.



Tuesday, July 5, 2011

Throw yourself like a seed by Miguel de Unamuno







Throw yourself like a seed
Shake off the sadness, and recover your spirit;

sluggish you will never see the wheel of fate

that brushes your heel as it turns going by,

The man who wants to live is the man in whom life

is abundant.



Now you are only giving food to that final pain

which is slowy winding you in the nets of death,

but to live is to work, and the only thing

which lasts

is the work;

start then, turn to 
the work.

 

Throw yourself like a seed as you walk, and into

your own field,

Don't turn your face for that would be to turn

to death,

and do not let the past weigh down your motion

leave what's alive in the furrow, what's dead

in yourself,

for life does not move in the same way as a group

of clouds;

from your work you will be able one day to

gather yourself.

Saturday, July 2, 2011

Imperméable



Je n’écoute pas de la musique
Mais j’écoute le son de mes maillons
Je n’ai pas nagé dans le pacifique
J’ai à peine vu l’océan

Je n’écoute pas de la musique
Je n’aime pas les accordéons
Je construis des murs en brique
Tout autour de ma maison

Je n’écris pas de poèmes lyriques
J’ai peur de mon crayon
J’ai peur qu’ils me critiquent
Ma maison toute en brique
Je me cache dedans

Je n’ouvre ni mes fenêtres, ni mes portes
J’ai peur que les loups soufflent sur ma prison
Je n’ai ni chaussettes, ni bottes
Car je demeure derrière mes cloisons

Et je ne sais pas le vent nordique
Ni les cieux au-dessus de mon champ
Je n’écoute pas de la musique
J’ai peur des chansons
Mardi 28 juin 2011